Iphigénie, Louis Billotey
Présentation :
Ce tableau, peint en 1935 par Louis Billotey, est intitulé Iphigénie. Mesurant 160 x 215 cm, il se trouve à la Piscine (Roubaix).
Contexte mythologique :
Fille d'Agamemnon et de Clytemnestre, Iphigénie doit, selon le devin Calchas, être sacrifiée à Artémis. Effectivement, la déesse, irritée et protectrice des animaux, retient la flotte grecque à Aulis, pourtant prête à faire voile sur Troie, car les Grecs auraient tué un lièvre. Mécontente, elle demande à ce que soit sacrifié une vierge - et pas des moindres, la fille du Commandant en chef Agamemnon - pour que les vents poussent la flotte grecque vers Troie.
Le père, pour qui cet acte paraissait insupportable, céde néanmoins, réputation en jeu. Au moment crucial, Artémis substitue in extremis à Iphigénie une biche. Sauvée, la jeune vierge sera transportée en Tauride (auj. la Crimée) où elle deviendra une de ses prêtresses.
Analyse :
Nous pouvons observer sur ce tableau trois personnages féminins ainsi que deux animaux. Le personnage central est Iphigénie. Elle possède une silhouette longiligne et ses membres (cou, doigts, jambes...) sont démesurément longs. Sa virginité est suggérée par sa nudité et - de ce fait - par son teint clair, évoquant aussi à la fois l'innocence. Le personnage de gauche est sa mère, Clytemnestre, habillé d'un somptueux et travaillé drapé bleu-violet qui répond à la couleur de ses yeux. Elle semble s'interposer entre l'autel et sa fille et ses mains paraissent vouloir retenir Iphigénie. Pour la rassurer, celle-ci a d'ailleurs posé sa main droite sur l'épaule de sa mère. Tout à droite, c'est la déesse Artémis, fille de Zeus et de Léto, que nous pouvons observer. Elle semble impassible et a l'allure d'un garde, effet renforcé par son regard et par le chien féroce qu'elle tient fermement de sa main gauche. De plus, elle a dans sa main droite un de ses habituels attributs, l'arc. Celui-ci est exagérément élancé et fait penser à une lance.
Enfin, le décor est naturel et simple; nous sommes en présence d'arbustes et de feuillages dans les tons verts. Cela rappelle la fonction de la déesse Artémis : déesse des animaux sauvages, de la chasse et de la nature en général. On peut apercevoir en bas à gauche une biche marron aux contours stylisés; c'est elle qui sera finalement sacrifiée. A l'extrêment gauche du tableau, on peut noter la présence de l'autel (ou du moins des marches).